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SOLISTES DE L’ENSEMBLE ICTUS
SOLISTES DE L'ENSEMBLE ICTUS
« Ce programme sera intégralement interprété sur instruments d’époque » : voilà une précision que l’on n’ a plus coutume de lire à propos d’un concert de musique ancienne qu’au sujet d’un concert de musique contemporaine. Cela ressemble à une tautologie, et pourtant, oui, on peut aussi jouer une œuvre contemporaine sur instruments « modernes » : il suffit que la technologie sur laquelle elle a été composée et/ou pour laquelle elle a été imaginée soit devenue obsolète et/ou inutilisable — alors on « porte » l’œuvre sur une technologie plus récente, un ordinateur et un logiciel « à jour » et en état de marche. À l’inverse, par la force des choses, une œuvre contemporaine peut être jouée sur instruments d’époque. Cette affirmation est surtout vraie pour les deux pièces de Tristan Murail. Si l’on connaît bien l’histoire de l’Itinéraire, ensemble créé par les compositeurs de l’école spectrale (Murail, Levinas, Grisey, Dufourt, etc.), on sait moins qu’ils avaient également fondé l’EIEI (pour « Ensemble d’Instruments Electroniques de l’Itinéraire ») avec lequel il se livraient à diverses expériences sur les instruments couramment utilisés par la musique pop : synthétiseurs, guitares, et autres pédales d’effets.

C’est pour l’EIEI que Murail compose, en 1984, Random Access Memor dont sont extraites Atlantys et Vision de la Cité Interdite, deux pièces dans lesquelles il explore les possibilités acoustiques de deux synthétiseurs Yamaha DX7. Très populaires dans les années 1980, ces synthétiseurs s’adaptent parfaitement à l’écriture spectrale : les sons y sont en effet produits par l’intermodulation de sinusoïdes, dont la fréquence est réglée sur la suite des harmoniques naturelles. Les synthétiseurs utilisés par Michaël Levinas dans Les désinences (2014) sont un brin plus évolués puisqu’ils ont été élaborés au cours d’un long travail d’informatique musicale à l’Ircam sur les désinences (ce que le compositeur appelle « les larmes du sons ») et les transitoires d’attaques (le début du son) d’un piano Steinway ainsi que d’un pianoforte à six pédales. Le résultat de ce vaste travail a permis de créer des échelles non tempérées. Joués sur deux claviers midi, ces nouveaux sons, soigneusement sculptés par le compositeur, chantent avec ceux du piano acoustique une savante polyphonie. Michaël Levinas poursuit ainsi son travail quasi psychanalytique sur le piano, qui est aussi son instrument de formation et de cœur : « Le piano, écrit-il, a toujours été pour moi un monde sonore initiateur de l’imaginaire. J’ai aimé depuis ma plus tendre enfance aller écouter ces sons près de la caisse de résonance et je rêvais alors d’espaces infinis ou d’ogives gothiques, ce que je désigne du nom de piano-espace. »

jeudi 15 mars

 

Théâtre de la Renaissance - Oullins

Concert
jeudi 15 mars
19H
LEVINAS / MURAIL
SOLISTES DE L’ENSEMBLE ICTUS

Jean-Luc Plouvier : piano
Jean-Luc Fafchamps : clavier
Sylvain Cadars : ingénieur du son

Tristan Murail :
-Atlantys (1984)
-Vision de la Cité Interdite (1984)
Michaël levinas : Les désinences (2014)


TARIF(S) : 7€



Théâtre de la Renaissance
7 rue Orsel
69600 Oullins
France
T. 04 72 39 74 91

Plan d'accès